JAMC 2026 : « Le Livre de la Jungle » : Une performance tunisienne magistrale qui honore les Journées des Arts de la Marionnette de Carthage
Dans le cadre de la 7ème édition des Journées des Arts de la Marionnette de Carthage, le « Cirque Paparoni » a ébloui le public du Théâtre de l’Opéra avec sa dernière création, « Le Livre de la Jungle » : un spectacle qui allie virtuosité circassienne et profondeur philosophique.

Le mardi 3 février 2026, la Cité de la Culture Chedli Klibi a accueilli une foule de spectateurs de tous âges venus découvrir ce qui s’annonce déjà comme un jalon du cirque contemporain tunisien. Durant une heure et demie, le spectacle « Le Livre de la Jungle » a trبansporté le public dans un univers où les frontières entre les genres s’effacent.
Une comédie musicale sans paroles
Bien que classée comme un spectacle de cirque, cette œuvre s’apparente davantage à une comédie musicale muette. En l’absence de dialogues, c’est le corps qui prend la parole. La scène, transformée en une forêt enchantée, est dominée par un livre géant, rappelant que l’action est une émanation directe du texte littéraire tout en s’en affranchissant par le mouvement et la danse.
Warda : Une identité tunisienne au cœur de l’aventure
Au centre de ce tableau artistique se trouve « Warda », une jeune fille habitée par le rêve de voler. Si son lien avec le monde animal évoque instantanément la figure de Mowgli, le récit s’ancre ici dans les légendes anciennes et la culture tunisienne.
Le spectacle dépasse le simple conte pour enfants pour devenir une quête symbolique de soi, traitant de l’équilibre et du sens de l’existence comme une aventure commune à tous les êtres vivants.
Le renversement des symboles : Le Lapin sage et le Lion impétueux
L’originalité de l’œuvre réside également dans sa réinterprétation des archétypes animaliers : Le Lapin, loin d’être l’imprudent de la fable, devient ici le symbole de la sagesse. Ayant tiré les leçons de sa célèbre course contre la tortue, il endosse le rôle de sauveur face aux prédateurs. Ce détournement rappelle la tradition tunisienne de subvertir les rôles animaliers, à l’instar de la série « Dhaayet Mahrous ».
Le Lion, quant à lui, est dépouillé de sa royauté bienveillante pour incarner l’arrogance et la brutalité sauvage avec les loups qui conservent leur image de créatures ruses et manipulatrices.
Une performance saluée par la critique
Le point d’orgue de ce spectacle reste l’interprétation de la protagoniste, « Warda ». Sa maîtrise exceptionnelle des arts du cirque et de la danse a apporté une esthétique et une attractivité uniques à la représentation.
Cette production tunisienne, par sa qualité technique et sa force narrative, a prouvé qu’elle avait toute sa place aux côtés des plus grandes troupes internationales programmées lors de cette édition.