JAMC 2026 : Entre l’exposition promotionnelle des marionnettes et celle documentaire du cinquantenaire : voyage au cœur de la mémoire du Centre national d’arts de la marionnette !
Dès l’entrée dans le hall de la Cité de la culture Chedly Klibi, le visiteur a le sentiment que le temps recule.
Les rires des petits enfants, les couleurs chatoyantes et les marionnettes s’envolent entre ciel et sol créant une atmosphère unique où la magie s’impose spontanément. Il s’agit d’un univers foisonnant de son, de formes, de lumière et d’imaginaire se déploie, invitant à un voyage dans un monde merveilleux où l’art de la marionnette célèbre sa beauté, son histoire, sa créativité et continue son rêve.
Présentée dans le cadre de la septième édition des Journées des Arts de la Marionnette de Carthage (JAMC), l’exposition promotionnelle des marionnettes à la Cité de la culture dépasse la simple fonction muséale. Les poupées n’y sont pas exposées comme de simples objets inertes, mais comme des présences presque vivantes, chargées d’émotion et d’expression. Elles semblent échanger avec le visiteur, témoignant de la vitalité d’un art capable de toucher la sensibilité avant même de séduire le regard.
Réalisées en bois, en tissu, en papier, en ombre et en lumière, les marionnettes exposées révèlent la finesse d’un travail artisanal exigeant, fruit de la patience et de la passion de leurs créateurs. Elles traduisent une conviction profonde : l’art de la marionnette est un miroir de l’âme humaine, apte d’exprimer la joie et la peur, l’innocence et l’audace du rêve.
Les créations de Samira Toukabri accueillent le visiteur avec des visages silencieux empreints de nostalgie, comme surgis de la mémoire d’une maison ancienne. À proximité, le travail de Inès Hafayedh se distingue par la richesse de ses détails, conférant à chaque marionnette une identité propre, une expression originale et une belle histoire à raconter.
Dans cet espace hétérogène qui se reflète entre réel et imaginaire, les marionnettistes se voient comme de véritables narrateurs ont la compétence d’écrire des récits sans mots, uniquement à travers les formes et les gestes.
Dalila Laabidi façonne l’émotion avant même le tissu, Adel Achi joue avec finesse sur l’équilibre entre rudesse et tendresse, tandis que Mohieddine Ben Abdallah laisse volontairement visibles les traces de la main, rappelant que cet art n’aspire pas à la perfection, mais à une quête permanente de sens et de beauté.
Les expériences artistiques se succèdent et se répondent. Hassan Elmarri, par exemple, sculpte ses marionnettes dans le bois de palmier, leur insufflant la dignité des conteurs et la majesté des oasis. D’un espace à l’autre, les artisans et artistes transmettent, à travers chaque détail, un émerveillement enfantin, un désir de liberté et une invitation à rêver.
Pris dans cet univers merveilleux, le visiteur en oublie souvent le temps qui passe. L’exposition intègre également une dimension pratique à travers la présence de l’application de transport « Suisse Drive ». Son directeur artistique, Mohamed Mezoughi, a exprimé sa satisfaction de participer à un événement dédié aux enfants, rappelant que le slogan de l’application met l’accent sur la sécurité des plus jeunes, des familles et des usagers. Il a expliqué que le service se distingue par des dispositifs de sécurité renforcés, notamment un bouton d’urgence, ainsi que par une politique tarifaire stable, sans majoration en période de pointe ou en cas de mauvaises conditions climatiques. Inspirée du modèle suisse, l’initiative a été lancée par Abderrahim El Marbouhi, un Tunisien résidant en Suisse, avant d’être adaptée au contexte tunisien.
Entre l’achat d’une marionnette, la découverte de livres pour enfants proposés par les maisons d’édition présentes et la prise de photos souvenirs, l’exposition s’impose comme un véritable espace de rencontre propice. Elle relie l’artisan à l’artiste, la mémoire à l’innovation, et permet au visiteur, souvent chargé par les exigences du quotidien, de renouer avec l’enfant qui sommeille en lui.
Cinquante ans de mémoire et de création
À l’occasion de son cinquantième anniversaire, le Centre national d’arts de la marionnette ne se contente pas de commémorer sa création. Il ouvre largement ses archives et donne corps à la mémoire à travers une exposition documentaire conçue par son membre Khaled Cheikh. Loin d’être un simple dossier de documents figés, cette exposition propose un parcours vivant où photos, affiches, marionnettes et archives racontent un demi-siècle de création artistique.
Cette rétrospective retrace cinquante années de profond travail, de rires et de spectacles qui ont accompagné l’enfance de plusieurs générations. Plus qu’une célébration, elle constitue un hommage fidèle à une histoire artistique riche et un témoignage destiné à rester vivant dans la mémoire collective.
L’exposition met en lumière l’évolution des techniques, des esthétiques et des visions artistiques dans l’art de la marionnette. Elle rend hommage aux pionniers du genre et instaure un dialogue entre le passé et le présent, affirmant la continuité de la mission culturelle du centre et son rôle essentiel dans la préservation de la mémoire nationale et l’inspiration des générations futures.
