JAMC 2026 : Vers une synergie entre patrimoine immatériel et économie créative
Dans la conviction profonde que la création est indissociable de la recherche scientifique et de la critique culturelle, la septième édition des « Journées des Arts de la Marionnette de Carthage (JAMC) » a accordé une place primordiale aux débats et échanges intellectuels.

Le 2 février 2026, la première rencontre scientifique s’est tenue sous le thème : « L’art de la marionnette entre patrimoine immatériel et économie créative ».
Sous la direction de l’universitaire Riadh Zammel, cette conférence a exploré une problématique centrale : comment cet art ancestral peut-il préserver ses racines tout en s’intégrant dans les systèmes d’innovation et l’économie créative contemporaine ?
La marionnette : une « mémoire en mutation »
L’intervenant Wissem Gharsallah, chercheur en théories de la création, a appelé pour une complémentarité entre la valeur symbolique et la viabilité économique. Dans son intervention, il a souligné que la marionnette ne doit pas être perçue comme un simple objet sur scène, mais comme une « mémoire mouvante » transportant des récits et des expériences humaines accumulées. Pour transformer cette mémoire en un levier de développement durable, il préconise son intégration dans les politiques culturelles, le renforcement de sa présence en milieu scolaire et la multiplication des partenariats entre les institutions de formation.
Le numérique au service de la pérennité
L’artiste et chercheuse irakienne Zeineb Abdel Amir est intervenue à distance pour souligner la capacité exceptionnelle de cet art unique en son genre à se renouveler à travers les millénaires. Elle a mis en avant le rôle crucial des plateformes numériques, citant son projet « Puppetry News » comme modèle d’archivage et de documentation. Pour elle, la technologie permet aujourd’hui de dépasser les barrières géographiques grâce aux ateliers à distance et à la promotion numérique, touchant ainsi un public mondial.
Opportunités de financement et réseaux internationaux
Haifa Jebbess, directrice du bureau « Europe Créative Tunisie », a apporté une lueur d’espoir aux professionnels du secteur en présentant les opportunités de financement et de résidences artistiques. Elle a rappelé que la Tunisie est le seul pays arabe et africain membre de ce réseau regroupant 40 nations. Malgré cela, peu de projets de marionnettes ont bénéficié de ce soutien jusqu’à présent, principalement par manque d’information. Le bureau Europe Créative, présent à la Cité de la Culture, s’engage désormais à accompagner les artistes dans leurs procédures de candidature pour des projets à long terme.
Un capital culturel et économique
De sa part, Riadh Zammel, directeur de l’Institut Supérieur de Musique et de Théâtre du Kef, a réaffirmé que l’art de la marionnette peut devenir un véritable capital économique s’il est soutenu par une formation solide, une production de qualité et une promotion efficace. Grâce à son potentiel visuel et narratif, cet art est capable d’investir des secteurs variés tels que l’éducation, les médias, le contenu numérique et le tourisme culturel. Pour Zammal, le patrimoine immatériel n’est pas une relique du passé, mais une ressource vivante prête à être modernisée.