Ramadan 2026 : la télévision tunisienne mise sur l’humour
À l’approche du mois de Ramadan, la télévision tunisienne dévoile ses cartes et choisit de placer la comédie au cœur de sa programmation. Une stratégie audacieuse qui traduit la volonté de séduire un public avide de légèreté, mais aussi de réflexion à travers le rire.
« Ahlem Arayes » : la famille sous le prisme du rire
Parmi les productions phares, la série Ahlem Arayes signée Hassni Ben Omar promet une plongée dans les contradictions familiales. Héritage, mariage, et la fameuse « dernière volonté » deviennent matière à satire. La distribution, riche en figures populaires comme Naïma El Jeni et Walid Ennahi, associe des visages confirmés à une nouvelle génération d’acteurs, offrant un mélange intergénérationnel qui pourrait séduire les téléspectateurs.
Bureaucratie et absurdité dans « Yawmiyat Modir ‘Aam »
Le réalisateur Mohamed Ali Mihoub revient avec une série qui explore les coulisses de l’administration tunisienne. Yawmiyat Modir ‘Aam, écrite par Ikram Azzouz, promet un humour grinçant sur les travers bureaucratiques. Après le succès de Dar Nana, Mihoub confirme son goût pour une esthétique visuelle soignée et une écriture qui allie critique sociale et divertissement.
Des retours attendus et des nouveautés
La réalisatrice Zohra Litiem propose Bab Benat, portée par l’incontournable Wajiha Jendoubi, tandis que Mohamed Ali Cherif, fidèle à la télévision nationale, prépare une nouvelle série encore tenue secrète. De son côté, Mouch Normal de Moez Debbich et Mohamed Khadhraoui s’annonce comme une comédie décalée, malgré les incertitudes entourant d’autres projets comme Har w Hlou.
Le come-back de Atef Ben Hussein
Absent depuis plusieurs années derrière la caméra, Atef Ben Hussein revient avec Rouh El Rouh, tournée à Sfax. Après avoir marqué les esprits avec El Manara en 2017, il s’attaque à une nouvelle aventure humoristique, tout en laissant planer le suspense autour de son projet dramatique controversé Arkan Harb.
Quand la caméra cachée inspire la fiction
Amin Maâlej, habitué des caméras cachées et des émissions de farces, se lance dans la fiction avec Sahha Bro, écrite par Wael El Keli. Le casting, mené par Lotfi Bondka et Sofien Dahesh, promet une comédie populaire, ancrée dans l’esprit des blagues télévisées qui ont longtemps marqué les soirées tunisiennes.
Une compétition féroce
Ces productions nationales devront affronter la concurrence des chaînes privées, notamment El Hiwar Ettounsi et Nessma El Jadida, qui misent elles aussi sur des comédies fortes. Le retour de Sami Fehri avec Hedhi Akhretha et la série Sahbek Rajel de Kais Chekir ajoutent une pression supplémentaire sur la télévision publique.
La télévision tunisienne joue la carte de la diversité et de la légèreté pour Ramadan 2026. Entre retours attendus, nouvelles plumes et visages familiers, elle espère reconquérir un public parfois happé par les productions privées. Reste à savoir si cette mosaïque de comédies saura transformer l’humour en véritable arme de séduction dans une bataille télévisuelle où chaque sourire compte.