Bouthaina Nabouli entraîne le public de Hammamet dans « Doulicha », entre mémoire de la chanson tunisienne et création contemporaine
Bouthaina Nabouli s’est produite, lundi 3 août 2026, sur la scène du Théâtre de plein air de Hammamet, devant un public nombreux et un concert affichant complet. La chanteuse tunisienne y a présenté pour la première fois son spectacle « Doulicha », dans le cadre de la 60ᵉ édition du Festival International de Hammamet, organisée du 11 juillet au 13 août 2026 sous le slogan « Une mémoire vivante ».
Cette représentation occupait une place particulière dans le parcours de l’artiste. Pour la première fois, Bouthaina Nabouli défendait sur scène un projet musical complet, conçu autour de sa propre vision artistique. « Doulicha » marque ainsi une nouvelle étape dans sa carrière et révèle les contours d’un répertoire personnel nourri par la mémoire collective tunisienne.
Le titre du spectacle est emprunté au dialecte tunisien. Dans le langage courant, le mot « Doulicha » désigne une courte promenade ou une sortie légère, entreprise pour se divertir et s’évader du quotidien. À partir de cette expression familière, le concert a proposé une déambulation musicale dans les ruelles de la médina, entre souvenirs de la chanson tunisienne, scènes de la vie quotidienne et compositions inédites.
Le projet est né de la collaboration entre Bouthaina Nabouli, la parolière Syrine Chekili et le compositeur et chef d’orchestre Kais Melliti. Ensemble, ils ont puisé leur inspiration dans l’atmosphère de la médina, son architecture, ses métiers, ses récits et ses figures populaires, afin de les inscrire dans une écriture musicale contemporaine. Le spectacle réunissait les chansons du nouvel album de l’artiste ainsi que plusieurs titres déjà connus du public.
La soirée s’est articulée autour de créations originales, parmi lesquelles « Doulicha », « Ness Tkhaf Mel Hob » et « Al Qalb Ekhtar ». Bouthaina Nabouli a également rendu hommage au patrimoine musical tunisien à travers plusieurs chansons de Saliha, notamment « Aardhouni », « Ah Waadaouni » et « Khlila ».
Le répertoire populaire tunisien occupait également une place importante dans le spectacle, avec « El Warda » de Habib Chenkaoui et « Erdha Alina » de Salah Farzit. La chanteuse a par ailleurs interprété plusieurs œuvres de Lotfi Bouchnak, dont « Nessaya », « Halq El Oued » et « Ritk Ma Naaraf Win », avant de reprendre un extrait de « Ana Fi Intizarak », l’un des grands succès d’Oum Kalthoum.
Ces différentes séquences ont illustré le principe fondateur de « Doulicha » : faire dialoguer les œuvres patrimoniales et les créations nouvelles sans rompre le fil de la mémoire musicale. Les arrangements contemporains ont ainsi permis aux références classiques de côtoyer naturellement le répertoire inédit de Bouthaina Nabouli.
À l’issue du concert, l’artiste a rejoint la conférence de presse encore portée par l’émotion de cette première représentation. Elle a expliqué que cette soirée resterait une étape marquante de son parcours, puisqu’elle constituait le premier spectacle entièrement construit autour de son projet artistique. La présence de sa mère, venue partager ce moment, a également conféré une dimension particulière à cette rencontre avec le public.
Bouthaina Nabouli a précisé que « Doulicha » ne résultait pas d’un plan de production établi à l’avance. Le projet s’est formé progressivement, au rythme des nouvelles chansons. Sa collaboration avec Syrine Chekili s’est développée à la suite d’une première expérience commune, avant que Kais Melliti ne rejoigne l’aventure. Les compositions se sont ensuite succédé jusqu’à donner au projet sa forme définitive.
Considérée comme l’une des voix émergentes de la scène tunisienne, Bouthaina Nabouli s’est notamment distinguée en remportant le Prix du public au Festival de la chanson tunisienne en 2025. Avec la présentation de « Doulicha » à Hammamet, elle dévoile pour la première fois l’ensemble de son identité musicale et amorce une nouvelle phase de sa carrière.
La programmation de la 60ᵉ édition du Festival International de Hammamet se poursuit mardi 4 août 2026 avec le musicien et pianiste franco-libanais Ghassan Yammine. Il présentera son spectacle « De moi à Aznavour » lors d’une soirée annoncée à guichets fermés.