Taoufik Béhi, maître du décor du 7ème art, s’est éteint
Le cinéma tunisien est en deuil : Taoufik Béhi, figure incontournable du décor et artisan discret mais essentiel du 7ème art, est décédé le 6 juillet 2026. Il laisse derrière lui une carrière riche, marquée par plus de quarante films tunisiens, arabes et internationaux, où son talent a façonné des univers visuels inoubliables.
Un parcours atypique
Après un bref passage en médecine, Taoufik Béhi s’oriente vers l’architecture en France et complète sa formation par le montage cinématographique. En 1996, il obtient sa première opportunité comme assistant décorateur sur un film italien, une expérience qui ouvre la voie à une carrière exceptionnelle. Frère du réalisateur Ridha Béhi, il grandit dans un environnement où le cinéma était omniprésent.
Œuvres majeures
- Cinéma tunisien : Naghm el Naoura, Amina, Les Palmiers blessés (Abdelatif Ben Ammar), Fleur d’Alep et La Boîte magique (Ridha Béhi), Le Rossignol ne meurt pas à Jérusalem.
- Collaborations internationales : Villa Jasmin (France, Férid Boughedir), Deadline (USA), où il incarne aussi le président libanais Amine Gemayel, Colonel Lotfi (Algérie, Ahmed Rachedi), Al-Mahd (Syrie, Mohamed Malas), Augustinus, fils de ses larmes (Tunisie-Algérie), récompensé au Festival d’Alexandrie.
Sa philosophie artistique
Sa devise était claire : « Un décor réussi est celui que le spectateur ne voit pas, mais dont il ressent l’effet ». Pour lui, le décor devait être un élément narratif invisible, au service de l’histoire et des émotions. Sa double compétence en architecture et en cinéma lui permettait de créer des espaces crédibles, immersifs et porteurs de sens.
Hommages et héritage
Le ministère des Affaires culturelles a salué « un artisan majeur du décor et de la direction artistique du cinéma tunisien ». Le Centre national du cinéma et de l’image (CNCI) a présenté ses condoléances, rappelant qu’il restera un ambassadeur de l’excellence tunisienne. Son œuvre continue d’inspirer les nouvelles générations de cinéastes et décorateurs.