Issinara et Sultan Gnawa : Boukornine voyage au cœur des sonorités algériennes

Sultan Gnawa

Mercredi 5 août 2026, la 44ᵉ édition du Festival international de Boukornine, organisée sous l’égide du ministère des Affaires culturelles et sous la direction de Mme Ikbel Hamzaoui, a offert au public du Théâtre de plein air de Hammam-Lif une véritable immersion dans la richesse du patrimoine musical algérien. Deux formations, deux univers et une même volonté de faire vivre et voyager les musiques héritées des traditions : le blues saharien d’« Issinara » en première partie, suivi par les rythmes envoûtants du Diwan avec « Sultan Gnawa ».

C’est « Issinara » qui a ouvert ce voyage musical. Originaire du Sahara algérien, le groupe s’inscrit dans la tradition de la musique touarègue et du blues du désert, qu’il enrichit d’influences contemporaines. Guitares électriques, basse, percussions et chants en tamasheq ont installé dès les premières notes une atmosphère singulière, tantôt mélancolique, tantôt entraînante, évoquant les grands espaces sahariens, la vie nomade, la résilience et l’attachement à l’identité touarègue.

Sur scène, El Hacène Aneslem à la guitare et au chant, Abdelkader Idaber à la basse, Moussa Melloul à la guitare d’accompagnement, Farès Hamidou aux percussions et Khaoula Khotti aux chœurs ont proposé une musique profondément enracinée dans leur territoire, mais résolument ouverte sur le monde. Des morceaux comme « Ali Iaghi Idarelnanam », « Tisnat N’aytmma », « Timcharre » et « Amachahou » ont accompagné cette traversée musicale où les sonorités du désert se sont progressivement emparées du théâtre de Boukornine.

En deuxième partie, changement d’atmosphère avec l’arrivée de « Sultan Gnawa ». Originaire d’Oran et initié à l’art du Diwan dès son plus jeune âge, l’artiste porte un projet qui dépasse la simple interprétation du répertoire traditionnel. Son ambition est de préserver cet héritage tout en le confrontant aux sonorités contemporaines et aux musiques du monde, afin de donner au Diwan algérien une résonance nouvelle et de le faire connaître au-delà des frontières.

Le spectacle s’est ouvert avec « Wast Dlam », porté notamment par le guembri, les claviers et la guitare, donnant immédiatement le ton d’une deuxième partie placée sous le signe de la transe et de la fusion. « Barkiyo », « Sbhano La Ymout », « Sodan Ya Yma », « Mousawi », « Youmala », « Salato 3la Nbi », « Ghomari » et « Hamouda » ont ensuite rythmé une prestation allant crescendo. La rencontre s’est achevée sur « Sidi Mansour » et « Wed Choli », dans une ambiance résolument festive.

Au fil du spectacle, la curiosité du public a laissé place à une participation de plus en plus spontanée. Les applaudissements, les mouvements au rythme des percussions et l’enthousiasme dans les gradins ont témoigné de la capacité de ces musiques, parfois découvertes pour la première fois par certains spectateurs, à créer immédiatement le partage. Car au-delà des différences de styles, Issinara comme Sultan Gnawa ont puisé dans la mémoire pour proposer une musique vivante, actuelle et accessible.

Avec cette soirée, le Festival international de Boukornine confirme également sa vocation de lieu de rencontre entre les cultures du Maghreb et les musiques du monde. Du Sahara touareg au Diwan d’Oran, cette escale algérienne aura surtout rappelé que le patrimoine n’est pas figé dans le passé : il se transmet, se réinvente et continue, génération après génération, à rassembler les publics.

Communiqué de presse

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